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Les groupements végétaux de la forêt sèche
 


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Diversité des groupements végétaux de la forêt sèche

La forêt sèche (ou forêt sclérophylle) telle que définie dans l’atlas de la Nouvelle-Calédonie, englobe tous les groupements forestiers ou arbustifs se développant dans des stations à climat sec et lumineux. Compte tenu de l’originalité édaphique des substrats sur roches ultramafiques, elle a été décrite uniquement sur sols d’origine sédimentaire ou volcanique. Les formations de la même zone climatique sur roches ultramafiques se trouvant rattachées à l’ensemble "maquis des terrains miniers".

Il ne se trouve plus, à ce jour, en Nouvelle-Calédonie de forêts sèches intactes, telles qu’elles pouvaient exister il y a environ 4000 ans, à l’arrivée de l’homme sur la Grande Terre.

Les groupements végétaux qui peuvent être dénombrés dans le domaine climatique de la forêt sèche sont largement fonction des stades d’évolution progressifs (retour vers des formations fermées et denses) ou régressifs (perte des éléments arborescents diversifiés, au profit de groupements végétaux monospécifiques dominés par le gaïac (Acacia spirorbis), le faux mimosa (Leucaena leucocephala) ou diverses graminées. En outre les groupements végétaux rassemblés sous le terme de forêt sèche en Nouvelle-Calédonie varient en fonction du facteur de dégradation de l’intensité du stress hydrique subi par la végétation en saison sèche, la proximité du littoral, et très probablement (mais ceci n’a pas encore fait l’objet d’études) de la nature du substrat géologique.

D’une façon quelque peu schématique, en ne tenant pas compte des groupements de substitution (savanes et fourrés divers) il est possible, en l’état actuel des connaissances de distinguer, dans le cas notamment du Conservatoire Botanique de forêt sèche de Tiéa (Pouembout):


Forêt sèche : faciès fermé . Tiéa (Pouembout)

- un faciès de forêt sèche fermé dont le recouvrement des strates arborescentes (de 8 à 12m de hauteur) et arbustives est proche de 100%. La flore de ce groupement est caractérisée par la dominance d’espèces représentatives des zones sèches (Arytera arcuata, Cleistanthus stipitatus, Diospyros minimifolia, Homalium deplanchei, Ormocarpum orientale, Maytenus fournieri, Premna serratifolia, Psydrax odorata …). Il abrite également de nombreuses espèces rares (Albizia guillainii, Captaincookia margaretae, Leptostylis sp., Pittosporum brevispinum, Turbina inopinata, …)


Forêt sèche : faciès fermé . Tiéa (Pouembout)

- un faciès de forêt sèche ouvert dont la strate arborescente et arbustive à un taux de recouvrement compris entre 50 et 75%. La flore possède la plupart des espèces caractéristiques de la forêt sèche, dont certaines peuvent toutefois localement disparaître au profit d’une profusion d’espèces moins consommées que d’autres par les bovins et les cerfs (Gardenia urvillei, Acacia spirorbis, Malaisia scandens, Croton insulare…). Elles sont accompagnées de plusieurs espèces introduites (Acacia farnesiana, Leucaena leucoceplala, diverses graminées…). Les espèces rares précédemment citées peuvent encore subsister dans ce groupement.


Forêt sèche : faciès ouvert . Tiéa (Pouembout)

- un faciès de forêt sèche rivulaire qui s’installe le long de creek temporaires et de zones inondables lors des fortes pluies. Il possède une strate arborescente haute de l’ordre de 20m, constituée d’espèces retrouvées en forêt dense humide (Mammea neurophylla, Garcinia neglecta, Mimusops elengi, Semecarpus atra, Syzygium aggregatum, Diospyros fasciculosa… La strate arbustive est composée d’espèces plus caractéristiques des zones sèches (Arytera arcuata, Cupaniopsis globosa, Diospyros minimifolia, Oxera sulfurea, Psydrax odorata) et de quelques espèces rares : le captaincookia (Captaincookia margaretae) et le riz de Pouembout (Oryza neocaledonica)...


Forêt sèche : faciès rivulaire . Tiéa (Pouembout)

Les deux premiers groupements appartiennent à ce qui avait été aussi regroupé en Province Sud, sous le vocable "Formations sclérophylles, sensu stricto". le faciès rivulaire appartenant quant à lui à l’ensemble "formations sclérophylles mixtes ripicoles ou vallicoles" définie de manière très large en Province Nord.

D’une manière assez générale sur l’ensemble de la côte ouest, au voisinage du littoral, la forêt sèche diminue de taille et quelques espèces arborescentes (Planchonella cinerea, Mimusops elengi) ainsi que quelques espèces arbustives ou buissonantes (Zieridium gracile, Eugenia oraria, Carissa ovata) deviennent plus abondantes et côtoient des espèces des plages et des arrières plages (Myoporum tenuifolium, Pandanus tectorius, Cerbera manghas, Crinum asiaticum…)


Groupement de substitution à la forêt sèche :
groupement monospécifique à “gaïac “ (Acacia spirorbis.) Tiéa (Pouembout)

Des groupements végétaux affines de la forêt sèche existent sur calcaires massifs des régions de Poya et de Koumac. Ces forêts ont une composition floristique qui permet de les rapprocher aussi du faciès sur calcaires de la forêt dense humide des Iles Loyauté.

Dans les fonds de vallées, très souvent sur éboulis, mais toujours dans des conditions d’alimentation hydriques moins sévères que dans les stations exposées des zones planitiaires, se développe une forêt de transition, intermédiaire entre la forêt sèche et la forêt dense humide qui est le plus souvent caractérisée par l’abondance de Ficus spp, la présence du bancoulier, de Olea paniculata, de plusieurs fougères et orchidées.

Phytogéographie de la forêt sclérophylle

D’origine relativement récente, la forêt sclérophylle apparaît constituée majoritairement d’apports floristiques de la fin du tertiaire et du quaternaire, venus se superposer à quelques rares éléments anciens ante-éocènes ayant survécu au recouvrement péridotitique généralisé de la Nouvelle-Calédonie". Cette conclusion s’appuie sur l’analyse phytogéographique des genres de la forêt sèche, qui met en évidence les affinités australiennes de la flore des forêts sèches, qui par ce caractère ne se différencient pas des autres flores de l’ensemble de la Nouvelle-Calédonie, mais qui par contre s’en distingue par l’absence de nombreux éléments floristiques d’origine gondwanienne (Gymnospermes, Balanopaceae, Cunoniaceae, Lauraceae, Proteaceae, Winteraceae…).

Tanguy JAFFRE , responsable du laboratoire de botanique et d’écologie végétale à
l’Institut de Recherche pour le Développement – Centre de Nouvelle Calédonie - 2003

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